vendredi 12 août 2011

"Are you muslim?...no...Christian ?...no...I don't believe in God...Oh..so...you believe in reality"

a gauche la directrice de l'école, Anjana, et sa fille, Alia


Maam Vanda au boulot dans le bordel de notre chambre








Que dire…ça fait maintenant trois jours que nous sommes arrivées en terre népalaise et nos têtes sont déjà tellement pleines de souvenirs que je me demande comment tout va bien pouvoir rentrer en un mois…Kathmandu est un peu comme un tapis d’or déroulé sur des siècles de culture et de croyances, et dont les fils en pagaille seraient faits d’épices, de bruits et de poussière. (désolé pour la métaphore vaseuse, j’essaie de rendre compte le mieux possible de cette atmosphere indescriptible) Et encore, parler de “bruit” est bien réducteur, car c’est la musique qui nous accompagne du matin jusqu’au…matin.

Notre premier réveil s’est fait au son des vocalises du voisin du dessous. Une sorte de DOREMIFASOLLASIDO chanté et rechanté sous toutes les formes possibles : à l’endroit, à l’envers, aigu et grave, il a meme tenté le vibrato…Nous avons découvert peu après qu’il s’agissait en fait du professeur de musique de l’école dans laquelle nous travaillons, et vivons. Après une toilette rapide dans la salle d’eau (qui porte bien son nom…) nous allons assister à l’assemblée matinale de l’école. Rien à voir avec notre frigide education française : tous en files indiennes, dirigés par un élève de 6e qui s’improvise chef de choeur, les gosses chantent en népalais puis en anglais quelque chose de très patriotique au rythme du megaphone. Ce qui est funky, c’est d’essayer d’identifier le profil de ces petits bouts d’homme : l’un mange sa cravate au lieu de chanter, l’autre se met le doigt dans le nez, les petites filles nous lancent des regards curieux… Derrière leurs uniformes, on peut déjà distinguer leurs caractères bien trempés. Je revois ce petit bonhomme en tête de rang, qui chante bien plus fort (et faux) que les autres, il est tellement convaincu par ce qu’il fait…Ils nous en mettent plein la vue…

Et puis on nous présente, on nous offre des fleurs en signe de bienvenue, on nous met le point rouge sur le front, on nous tend le micro…sueur froide…”hum…good morning everybody (“good morning maam”), my name is Vanda / Laora (regards étonnés) I come from France etc” c’est dans cette ambiance chaleureuse que se passe notre vie à l’école. Nous n’avons toujours pas commence à donner les cours car GREVE GENERALE de toutes les écoles ce matin.

Du coup, petite balade improvisée dans le centre ville (far away, really far..), rencontres aussi insolites les unes que les autres, taxi et microbus, pour finir à la campagne, chez keiko. Une petite maison on ne peut plus chaleureuse, au milieu de rizieres on ne peut plus vertes, une tasse de thé tchai à la main…Il y a une lumière pale qui sort littéralement du ciel, elle éclabousse tout : les maisons de brique bouffées par les arbres, les enfants qui lavent le linge là-bas. La pluie se met à tomber, tout doucement, tout se met à briller. Je crois que je n’avais jamais vu un vert d’une telle incandescence ! Il y a un petit garcon qui danse de l’autre côté du champs, et en voilà un autre qui le rejoint, dans sa salopette bleue si je ne me trompe. Il y a une femme qui s’avance vers eux. Ça y est, ils sont partis, et nous sommes seules à present..enfin “seules”, pas tout à fait, il y a nous et les milliers de grenouilles tout autour…



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